{"id":1725,"date":"2024-11-14T17:07:33","date_gmt":"2024-11-14T16:07:33","guid":{"rendered":"http:\/\/conseil-constitutionnel.mr\/fr\/?p=1725"},"modified":"2024-11-14T17:35:46","modified_gmt":"2024-11-14T16:35:46","slug":"nouvelle-decision-du-conseil-constitutionnel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/conseil-constitutionnel.mr\/fr\/?p=1725","title":{"rendered":"Nouvelle d\u00e9cision du Conseil constitutionnel"},"content":{"rendered":"<p>R\u00e9publique islamique de Mauritanie Honneur \u2013 Fraternit\u00e9-Justice<br \/>\nConseil constitutionnel<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">D\u00e9cision N\u00b02024\/08\/CC\/2024<\/p>\n<p>Le Conseil constitutionnel ;<br \/>\nVu la Constitution du 20 Juillet 1991 r\u00e9vis\u00e9e,<br \/>\nVu l\u2019Ordonnance n\u00b0 92-04 du 18 f\u00e9vrier 1992 portant loi organique relative au Conseil Constitutionnel ;<br \/>\nVu la loi organique 2018\/013 portant recomposition du Conseil constitutionnel ;<br \/>\nVu la Requ\u00eate visant \u00e0 attaquer la constitutionnalit\u00e9 de la loi 2021\/021 portant protection des symboles nationaux et incrimination des atteintes \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019Etat et \u00e0 l\u2019honneur du citoyen, enregistr\u00e9e au Secr\u00e9tariat G\u00e9n\u00e9ral du Conseil constitutionnel le 05\/11\/2024 par Ahmed Samba Abdallah et sa d\u00e9fense ;<br \/>\nConsid\u00e9rant qu\u2019il r\u00e9sulte des \u00e9l\u00e9ments du dossier, notamment l\u2019attestation N\u00b0 058\/2024 du 23\/10\/2024, que Monsieur Ahmed Samba Abdallah a oppos\u00e9, au cours de son proc\u00e8s devant la Chambre correctionnelle du Tribunal de Nouakchott Ouest, la non constitutionnalit\u00e9 de la loi 2021\/021 portant protection des symboles nationaux et incrimination des atteintes \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019Etat et \u00e0 l\u2019honneur du citoyen ;<br \/>\nCette attestation mentionne la suspension dudit proc\u00e8s durant 15 jours pour permettre \u00e0 l\u2019accus\u00e9 et sa d\u00e9fense de saisir le Conseil constitutionnel de la question pr\u00e9judicielle de constitutionnalit\u00e9 ;<br \/>\nConsid\u00e9rant que le requ\u00e9rant a rempli les conditions pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 4 de la loi 2020\/013 portant recomposition du Conseil constitutionnel qui fixe les conditions d\u2019application de l\u2019ali\u00e9na 5 de l\u2019article 86 de la Constitution ; que d\u00e8s lors sa requ\u00eate est jug\u00e9e recevable en la forme ;<br \/>\nSur le fond :<\/p>\n<p>Consid\u00e9rant que la pr\u00e9tention que la loi incrimin\u00e9e n\u2019est pas conforme \u00e0 la Charia Islamique est jug\u00e9e hors propos car l\u2019une des bases essentielles de la Charia est la protection de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 physique et morale de la personne humaine contre toute forme de violence mat\u00e9rielle ou verbale ;<\/p>\n<p>Consid\u00e9rant que les disposition de la loi incrimin\u00e9e sont , \u00e0 leur grande majorit\u00e9 conformes \u00e0 la Constitution et \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral sauf en ce qui concerne la fin de la premi\u00e8re phrase de l\u2019alin\u00e9a 2 de son article 3 qui stipule \u00ab\u2026. ou de tout responsable public qui outrepasse ses actes et ses d\u00e9cisions de gestion vers sa personne et sa vie priv\u00e9e, la divulgation d\u2019un secret personnel sans autorisation explicite de la part de l\u2019int\u00e9ress\u00e9 ou toute production, publication ou distribution de calomnies , d\u2019injures ou d\u2019insultes, ou l\u2019attribution de faits infond\u00e9s \u00e0 une personne \u00bb<\/p>\n<p>Consid\u00e9rant, que le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique est le garant de la Constitution et de l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019Etat ; que l\u2019injure \u00e0 son \u00e9gard est de nature \u00e0 porter atteinte \u00e0 l\u2019honneur national, qu\u2019il ya lieu donc de prot\u00e9ger sa personne contre toute forme de violence quelque soit sa nature ;<br \/>\nConsid\u00e9rant d\u2019une part, que la discrimination entre les responsables publiques et les autres citoyens en ce qui concerne leur honneur constitue une violation du principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 pr\u00e9vu au Pr\u00e9ambule de la Constitution, que d\u2019autre part la l\u00e9gislation mauritanienne comportait des textes, parfois plus r\u00e9pressifs pour prot\u00e9ger le citoyen contre la violence, que d\u00e8s lors , une protection suppl\u00e9mentaire n\u2019a pas d\u2019utilit\u00e9 ;<\/p>\n<p>Apr\u00e8s instruction du dossier de la requ\u00eate ;<br \/>\nle rapporteur entendu et apr\u00e8s d\u00e9lib\u00e9ration ;<br \/>\nD\u00e9cide<\/p>\n<p>Article premier : Les dispositions de la loi 2021\/021 portant protection des symboles nationaux et incrimination des atteintes \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019Etat et \u00e0 l\u2019honneur du citoyen sont conformes \u00e0 la Constitution sauf en ce qui concerne la fin de la premi\u00e8re phrase de l\u2019alin\u00e9a 2 de son article 3 qui stipule \u00ab\u2026. ou de tout responsable public qui outrepasse ses actes et ses d\u00e9cisions de gestion vers sa personne et sa vie priv\u00e9e, la divulgation d\u2019un secret personnel sans autorisation explicite de la part de l\u2019int\u00e9ress\u00e9 ou toute production, publication ou distribution de calomnies , d\u2019injures ou d\u2019insultes, ou l\u2019attribution de faits infond\u00e9s \u00e0 une personne \u00bb car il viole, le principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 pr\u00e9vu au Pr\u00e9ambule de la Constitution ainsi que son article 10 en raison qu\u2019il limite la libert\u00e9 d\u2019expression.<\/p>\n<p>Article2 : Cette d\u00e9cision sera notifi\u00e9e \u00e0 qui de droit et publi\u00e9e au Journal officiel de la R\u00e9publique Islamique de Mauritanie.<br \/>\nD\u00e9lib\u00e9r\u00e9 par le Conseil Constitutionnel dans sa s\u00e9ance du 13 Novembre 2024 en pr\u00e9sence du pr\u00e9sident Mr Diallo Mamadou Bathia et les membres : Aichetou Mint Decheg, , Ahmed Vall Ould M\u2019Barek, , Ahmed Ould Ahmed Djibaba, Bilal ould Dick, Hawa Tandia, Ikebrou Mohamed Sedigh et Ghaly Mahmoud<\/p>\n<p>Le Rapporteur\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Le Pr\u00e9sident<br \/>\nDiallo Mamadou Bathia<br \/>\nAhmed Vall ould M\u2019Bareck<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article premier : Les dispositions de la loi 2021\/021 portant protection des symboles nationaux et incrimination des atteintes \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019Etat et \u00e0 l\u2019honneur du citoyen sont conformes \u00e0 la Constitution sauf en ce qui concerne la fin de la premi\u00e8re phrase de l\u2019alin\u00e9a 2 de son article 3 qui stipule \u00ab\u2026. ou de tout responsable public qui outrepasse ses actes et ses d\u00e9cisions de gestion vers sa personne et sa vie priv\u00e9e, la divulgation d\u2019un secret personnel sans autorisation explicite de la part de l\u2019int\u00e9ress\u00e9 ou toute production, publication ou distribution de calomnies , d\u2019injures ou d\u2019insultes, ou l\u2019attribution de faits infond\u00e9s \u00e0 une personne \u00bb car il viole, le principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 pr\u00e9vu au Pr\u00e9ambule de la Constitution ainsi que son article 10 en raison qu\u2019il limite la libert\u00e9 d\u2019expression.<br \/>\nArticle2 : Cette d\u00e9cision sera notifi\u00e9 \u00e0 qui de droit et publi\u00e9e au Journal officiel de la R\u00e9publique Islamique de Mauritanie.<br \/>\nD\u00e9lib\u00e9r\u00e9 par le Conseil Constitutionnel dans sa s\u00e9ance du 13 Novembre 2024 en pr\u00e9sence du pr\u00e9sident Mr Diallo Mamadou Bathia et les membres : Aichetou Mint Decheg, , Ahmed Vall Ould M\u2019Barek, , Ahmed Ould Ahmed Djibaba, Bilal ould Dick, Hawa Tandia, Ikebrou Mohamed Sedigh et Ghaly 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